Internet Sans Frontières, PEN et Committee to Protect Journalists remettent un rapport sur le Cameroun au Conseil des droits de l’homme



Internet Sans Frontières, PEN International et Committee to Protect Journalists viennent de remettre au Conseil des Droits de l'Homme un rapport sur le Cameroun. Dans le cadre du prochain examen périodique de ce pays d'Afrique Centrale devant le Conseil, Internet Sans Frontières fait état de sa vive inquiétude quant au respect de la liberté d'expression en ligne des citoyens, et la garantie d'un accès universel à Internet, non entravé par des barrières tarifaires.



Pour plus d’informations, contacter :

Deji Olukotun, (212) 334-1660 ext. 106 deji@pen.org ; Mohamed Keita, mkeita@cpj.org ; Archippe Yepmou, archippe.yepmou@internetsansfrontieres.com 


Londres, New York, et Paris, 15 Octobre 2012— La liberté d’expression est en danger au Cameroun, selon un rapport remis au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies par PEN International, Committee to Protect Journalists, et Internet Sans Frontières.

Le Cameroun est un « pays dans lequel être un écrivain ou journaliste, à la fois en ligne et hors ligne, est risqué », affirme le rapport, qui précise comment le pays, dirigé par le président Paul Biya depuis 1982, a utilisé des mesures de plus en plus autoritaires pour réprimer écrivains, musiciens, et presse. De nombreuses lois pénales punissent les écrivains et les journalistes en raison de leur travail, autorisent les détentions provisoires de longue durée dans des prisons surpeuplées, la torture systématique, et favorisent l'inexistence de procès équitable.

« Les écrivains qui expriment une opinion dissidente au Cameroun courent un risque énorme »,

explique Cathal Sheerin, chercheur sur l'Afrique à PEN International.

« Enoh Meyomesse, le fondateur de l'Association des écrivains Cameroun, continu de croupir en prison, à Kondengui, depuis 11 mois, dont un mois passé en isolement, bien que toutes les charges contre lui aient été abandonnées. »

Meyomesse est actuellement en procès devant un tribunal militaire, avec un accès minimal à ses avocats ou à des soins médicaux.

Le gouvernement a également durci le ton sur la presse en imposant, de manière sélective, aux journaux et publications des licences coûteuses.

« Enquêter sur la corruption et rapporter les troubles politiques sont des actes punissables pour les journalistes camerounais, qui peuvent conduire à leur arrestation et même à la mort »,

a expliqué Mohamed Keita, coordonnateur Afrique au Committee to Protect Journalists (Comité pour la protection des journalistes).

« L'autocensure n'est pas un mécanisme de sécurité durable et compromet le droit des citoyens à une information indépendante et fiable, qui leur donne les moyens de prendre des décisions vitales. »

Les menaces sur la liberté d'expression persistent également en ligne. Le Cameroun a bloqué du contenu sur Internet et encourage la privatisation de l'application de sa loi contre la cybercriminalité, sans contrôle judiciaire suffisant. Moins de 5% des camerounais ont aujourd’hui accès à Internet. Ce faible taux de pénétration s’explique par le contrôle rigoureux que l’Etat camerounais exerce sur l'infrastructure et une réglementation stricte, qui ont pour conséquence des coûts exorbitants pour les fournisseurs d’accès à Internet et les utilisateurs.

« Selon l’ONU l'accès à Internet est un droit de l’homme, fondamental au développement personnel et économique. Au Cameroun, l'Internet n'est pas accessible à tous. Le contrôle de l'Etat sur l'Internet et le monopole qu’il exerce sur son accès entravent la libre contribution de ses utilisateurs ainsi que leur expression en ligne »,

explique Archippe Yepmou, président d’Internet Sans Frontières.

L’audition du Cameroun par le Conseil des droits de l’homme aura lieu en avril et en mai 2013.

PEN International célèbre la littérature et promeut la liberté d’expression. Fondée en 1921, notre communauté globale d’écrivains comprend aujourd’hui 144 centres répartis dans plus de 100 pays. Nos programmes, campagnes, évènements et publications font le lien entre écrivains  et lecteurs pour une solidarité et une coopération globales. PEN International est une organisation non partisane qui a un statut consultatif auprès de l’ONU et de l’UNESCO. www.pen-international.org

Committe to Protect Journalists (Comité pour la Protection des Journalistes)  est une organisation indépendante à but non lucratif fondée en 1981. Nous promouvons la liberté de la presse dans le monde en défendant les droits des journalistes à rapporter les informations sans craindre de représailles. www.cpj.org

Internet Sans Frontières est une organisation à but non lucratif fondée en 2007 qui promeut, défend la liberté d'expression sur Internet, la vie privée et la neutralité du net. Nous croyons aussi que l'Internet est un outil puissant de changement social. http://www.internetsansfrontieres.com

Accéder au rapport ici.

En Version Française en Cliquant ici :




Mardi 16 Octobre 2012






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