Assange ? "il faut le Water-Boarder" (...) "On a une inculpation secrète contre lui"



Internet Sans Frontières est préoccupée par les révélations qui ressortent des échanges de courriels de la société de renseignement Stratfor à propos des menaces qui pèsent sur les membres du site d'information Wikileaks. Des e-mails confidentiels d'un ancien chef de la cellule du contre-terrorisme du ministères des affaires étrangères des États-Unis révèlent que les États-Unis auraient établi un acte de mise en examen, secret, contre Julian Assange le fondateur de Wikileaks. Parmi ces lettres électroniques, ressortent des appréciations sévères de la part des autorités américaines ainsi qu'une atmosphère de vengeance tout azimuts contre le fondateur du site d'information. Selon un employé de la firme, il n y aurait "rien dans le dossier d'accusation suédois".



Ce sont des échanges de mails pas si secrets en fin de compte, envoyés par Fred Burton, l'ancien directeur du service de contre-terrorisme attaché au ministère des affaires étrangères des États-Unis à ses collaborateurs.  Des choses surprenantes y sont inscrites:  "ll faut water-boarder Julian Assange jusqu'à ce qu'il donne le code de du fichier Assurance" ou encore "Nous avons une inculpation secrète contre Julian Assange". Et nous voilà plongés dans un mauvais film d'espionnage, avec de vrais méchants. Mais voilà ici,  il est encore question de la liberté d'expression sur Internet, de sa possibilité dans la plus grande démocratie occidentale.

Qui parle ? C'est Fred Burton, il pantoufle aujourd'hui comme vice-président d'une des plus grandes agences de renseignement privé des États-Unis, Stratfor. Wikileaks publie actuellement, en collaboration avec de nombreux sites et journaux d'information 5 millions d'emails en provencance de cette agence globale de renseignement.

Pour mieux comprendre le sens de la première phrase, il faut se rappeler du Fichier Assurance, qui serait crypté et dont des copies non accessibles sont disséminées ça et là sur le Web. Il contiendrait selon les membres de Wikileaks des renseignements hautement confidentiels qui seraient révélés si il arrivait quelque chose à Julian Assange ou Wikileaks.
  • L'échange de mails de Fred Burton à ses collaborateurs sur "l'Insurance File":

Master Chief Can Haz Waterboarding? Par shadowstorm on Flickr // Creative Commons 2-0
Master Chief Can Haz Waterboarding? Par shadowstorm on Flickr // Creative Commons 2-0
Le Water-Boarding, cette vieille torture moyennageuse dépeinte par l'administration Bush  comme une activité d'enfants dans un bac à sable  lorsqu'elle fut accusée d'en avoir usé et abusé contre les détenus de Guantanamo. Le regretté journaliste Christopher Hitchens l'avait testée et confirmé dans un magistral article ce qu'elle était, une abominable torture:

"Elle vous donne l’impression de vous noyer tout simplement parce que vous vous noyez –ou pour être plus précis parce que vous êtes noyé, lentement, sous contrôle, par ceux qui vous infligent ce traitement. La «planche» (board en anglais) est l’instrument, pas la méthode. Le mot qui compte dans «waterboarding», ce n’est pas le mot board, mais le mot water. L’eau."

Pour mieux comprendre ce qu'était cette torture, il décida pour le magasine Vanity Fair, de se la faire infliger:





Une Inculpation Secrète

Le 26 janvier 2011, Fred Burton envoyait un email à un énigmatique correspondant interne de la société Stratfor: "secure". Il y révèle qu'une de ses sources, probablement du ministère américain de la justice lui a fait état d'un acte secret de mise en examen contre Julian Assange. La mention "Not For Pub(lication)" ou "Please Protect" correspondraient dans le jargon du renseignement à une source confidentielle institutionnelle. Le contenu du mail est Sybillin: "on a un acte d'inculpation secret contre lui".

"Rien derrière l'acte d'accusation suédois"

Julian Assange et Wikileaks sont une obsession chez les employés de Stratfor.  Le 12 mai 2010, alors que Julian Assange vient d'être inculpé en suède pour avoir ôté son préservatif pendant un rapport sexuel consenti, Chris Farnham un analyste de la firme envoit un étrange email à un de ses collègues. Il y précise qu'il "connaît un ami proche de la famille de la fille qui poursuit Julian Assange (...) mon ami parle plutôt de manière désobligeante de la fille qui prétend avoir subi l'assaut". Plus loin il ajoute qu'il "n y a absolument rien dans le dossier suédois à charge autre que des procureurs qui cherchent à se faire un nom". 
  • L'échange de mails Farnham-Noonan (eng)



Mercredi 29 Février 2012
Archippe Yepmou
Archippe Yepmou a rejoint Internet Sans Frontières en Janvier 2008. Il a d'abord été directeur des... En savoir plus sur cet auteur






Vos commentaires

1.Posté par Romane le 07/01/2013 17:03
Bonjour,
l'article date mais à sa lecture je décèle une erreur: "Assange vient d'être inculpé " il me semble qu'il n'est pas inculpé à ce jour mais "accusé" ce qui me semble être différent notamment en matière de droit?

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