Togo : Écoute Et Surveillance Des Télécommunications



Maxime Domegni, Secrétaire National du Syndicat des Journalistes Indépendants du Togo, et correspondant d'Internet Sans Frontières à Lomé dresse un état des lieux alarmant de la possible surveillance des communications dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.




Le Togo est un petit pays de 56,600 m2 situé en Afrique de l'Ouest, coincé entre le Bénin, le Ghana et le Burkina Faso. Indépendant le 27 avril 1960, le Togo a été dirigé entre 1967 et 2005 par un militaire qui a réussi par la force des armes à se maintenir au pouvoir jusqu'à sa mort. Sa succession a été ensanglantée par une répression militaire d'une rare violence exercée sur la population qui contestait les procédures de dévolution du pouvoir : l'intérim a été confié à son fils jusqu'à son élection en 2010.

Depuis les années 90, l'opposition cherche, vainement jusqu'à ce jour, à obtenir une alternance à la tête du pouvoir. Face à des vagues de  mobilisation populaires dans le pays et à d'incessants bruits de coups d’Etat, le pouvoir se dote de moyens de plus en plus sophistiqués pour suivre faits et gestes de tous ceux qui peuvent constituer une menace. Les journalistes sont ciblés.

Craintes d'interception des télécommunications

Pour avoir un regard discret sur un flux d'informations intéressant, le pouvoir cherche à surveiller (ou à limiter) les communications des journalistes. Au téléphone ou par Internet, les communications ne paraissent plus sécurisées. La presse a souvent révélé que le pouvoir togolais s'est doté de matériels d'écoute ultra sophistiqués d'origine israélienne et installés dans le sous-sol du palais de la Présidence de la République. Depuis lors, des phénomènes bizarres sont signalés dans certaines communications téléphoniques. Des témoignages de détenus ont permis de savoir que nombre de ces derniers ont été arrétés sur simple écoute de leurs communications. Les témoignages sont légion. Mais, ni les opérateurs ni le gouvernement n'ont jamais démenti ces informations.

L'association togolaise Ensemble pour les Droits de l'Homme dénonce dans un communiqué daté du 6 février 2013, et envoyé à Internet Sans Frontières :

« la pratique d’écoutes téléphoniques faite en méconnaissance flagrante du droit au secret de correspondance constitutionnellement reconnu et protégé.  »

Une récente opération nationale d'identification des utilisateurs des numéros (mobiles comme fixes) a été soupçonnée par beaucoup de masquer une manigance pour mieux suivre les communications des citoyens. Lomé la capitale du Togo étant limitrophe du Ghana, la méfiance vis-à-vis des compagnies de télécommunication nationales pousse de nombreux Loméens à s'offrir des numéros téléphoniques du Ghana pour des communications susceptibles d'être interceptées. Ces numéros ne fonctionnent d'ailleurs que dans les quartiers du pays proches proche du Ghana. La solution est très précaire.

Possible coupure du réseau téléphonique et Internet

L'autre insécurité qui menace les communications au Togo est la coupure des réseaux. Le phénomène hante les acteurs de la presse ¢ chaque veille d'élection sans qu'une issue sérieuse ne soit trouvée à ce jour. En 2005, toutes les radios, les téléphones et Internet ont été coupés pendant plusieurs jours, empêchant automatiquement les hommes de médias de faire leur travail. Les opérateurs privés ont été aussi contraints de couper leurs réseaux. Actuellement, le Togo se prépare à de nouvelles élections législatives déterminantes, le 24 mars prochain, et à des élections locales historiques. Le climat sociopolitique est très tendu et la sécurité des journalistes n'est pas garantie.

Une récente opération nationale d?identification des utilisateurs des num←ros (mobiles comme fixes) a été soupçonnée par beaucoup de masquer une manigance pour mieux suivre les communications des citoyens. Lomé la capitale du Togo étant limitrophe du Ghana, la méfiance vis-à-vis des compagnies de télécommunication nationales pousse de nombreux Loméens à s'offrir des numéros téléphoniques du Ghana pour des communications susceptibles d'être interceptées. Ces numéros ne fonctionnent d'ailleurs que dans les quartiers du pays proches proche du Ghana. La solution est très précaire.

Pour rappel : Internet Sans Frontières organise en partenariat avec l'Université de Clemson des "Data Security Camp" à Paris et à Abidjan à destination des journalistes et activistes originaires ou vivant dans un pays du Golfe de Guinée.



Vendredi 8 Février 2013
Maxime DOMEGNI
Maxime Domegni est Secrétaire National du Syndicat des Journalistes Indépendants du Togo, et... En savoir plus sur cet auteur






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