Tchad : Un blogueur arrêté et mis au secret



Internet Sans Frontières demande la libération immédiate et sans condition du blogueur et écrivain tchadien Jean Laokolé, appréhendé le 22 mars 2013 par des éléments de la force publique tchadienne.



Jean Laokolé
Jean Laokolé

Contact Presse :
Julie Owono - Bureau Afrique julie.owono@internetsansfrontieres.com

Paris, le 9 avril 2013Internet Sans Frontières demande la libération immédiate et sans condition du blogueur et écrivain tchadien Jean Laokolé, arrêté le vendredi 22 mars par des membres des forces de sécurité à N’Djamena, la capitale tchadienne. Il a été appréhendé dans la soirée du 22 mars par un groupe d’hommes en civil alors qu’il était en voiture avec sa famille dans le quartier d’Atrone, à N’Djamena.

Jean Laokolé contribuait depuis un an avec un nom d’emprunt sur le célèbre blog tchadien http://makaila.over-blog.com/. Dans ses articles, il ne cessait de dénoncer la corruption, la mauvaise gouvernance et le népotisme qui règnent dans ce pays d’Afrique centrale. Il aurait confié à un proche qu’il était l’auteur de ces différentes contributions, et ce dernier l’aurait dénoncé aux autorités.

Le jour de son arrestation, des hommes en civil l’ont forcé à monter à bord de leur  véhicule et l’ont conduit vers une destination inconnue. Bien que les autorités n’aient pas révélé ce qui est advenu de lui, il a été vu lundi 25 mars dans un ancien camp militaire de N'Djamena, le camp OCAM, situé derrière le lycée du Sacré-Coeur. Il a ensuite été transféré au camp militaire d’Amsinene à 30 km de N'Djamena. Des membres des forces tchadiennes de sécurité utilisent ce lieu pour y incarcérer certaines personnes, bien qu’il ne s’agisse pas d’un centre de détention officiel.


Selon diverses sources, notamment des membres de sa famille, la police a convoqué Jean Laokolé le 22 mars prétendument au sujet d’un article publié sur un blog. Il est soupçonné d’avoir porté de « fausses accusations » contre un groupe de personnes qui ont sans doute porté plainte contre lui auprès de la police. Après confrontation des parties, des négociations étaient en cours en vue d’un compromis : Elles se sont mises d'accord pour que Jean Laokolé présente des excuses par écrit sur ce même blog et envoie également une lettre d’excuses aux personnes susceptibles d'avoir été blessées par son billet. Il prévoyait de le faire samedi 23 mars.
 

Depuis son arrestation, ses soutiens sont sur écoutes téléphoniques : le 25 mars 2013, un blog proche du pouvoir, visiondutchad.net a publié un article dans lequel est retranscrite une conversation téléphonique entre Ngueba Makaila, blogueur et éditeur du blog sur lequel Jean Laokolé écrivait sous un pseudonyme, et Eric Tapona, president de l’association des journalistes tchadiens.

Site de la pétition : http://liberezlaokole.wesign.it/fr



Mardi 9 Avril 2013
Julie Owono
Head of Africa Desk @ Internet Sans Frontières En savoir plus sur cet auteur






Vos commentaires

1.Posté par Jamaya le 10/04/2013 16:33
Connaissant ce site , je peux comprendre ABSOLUMENT qu'il soit appréhender par les forces de l'ordre. Son blog est un ramassis de conneries sorties de je ne sais où ...
On dirait qu'il écrit tous les ragots tournant dans N’Djamena qui il faut le dire est un sport National !

2.Posté par Ghislain le 10/04/2013 16:38
Réfléchissez aux conséquences de votre commentaire. On peut ne pas être d'accord avec ce que dit cette personne mais on doit se battre pour qu'il puis le dire.
A vous entendre, il mérite un emprisonnement car il raconte n'importe quoi. Ceci est inadmissible, la liberté d'expression est un droit fondamental et cautionner ce comportement est dramatique.

3.Posté par Jamaya le 10/04/2013 16:54
Le problème c'est que les Tchadiens (Comme d'autres peuples dans le monde) ont tendance à croire tout ceux qu'ils lisent sur Internet , ce qui peut être très dangereux quand la désinformation atteint une grande échelle.

La liberté d'expression est un droit inaliénable bien entendu , mais pas le droit de dire du n'importe quoi.

Un exemple : vous souvenez vous de Mohammed Merah , le Toulousain ayant tué des enfants Juifs dans une école et des militaires ?
Et bien dans son cas Internet a été certainement un catalyseur dans la haine qu'il a pu nourrir envers cette communauté religieuse et c'est pourquoi Mr Sarkozy voulait poursuivre les blogs et autres sites instigateurs de haine sur Internet , c'est pour empêcher que les personnes faibles d'esprit soient influencées.

Ceci est mon opinion et je respectes le votre.

4.Posté par Ghislain le 10/04/2013 17:07
Je comprend le contexte et je respecte votre opinion mais des propos diffamatoires, mensongers doivent être condamnés par la justice du pays et faire fermer ces espaces s'il s'agit de propos aux conséquences graves. Dans le cas présent, l'intervention arbitraire de la part de force de l'ordre qui font justice eux même n'est pas acceptable. Cela peut être source de dérives.

La frontière de la liberté d'expression est la loi et la justice doit pouvoir faire son travail. Les forces de l'ordre doivent répondre à la loi, la faire respecter mais ne pas faire justice elle-même.

C'est pourquoi nous ne défendons pas cette personnalité, nous défendons la liberté d'expression.

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