Partage des savoirs, des valeurs et informationalisme





Partage des savoirs, des valeurs et informationalisme
Certains universitaires spécialistes en économie du développement ont fait le reproche récent au partage économique de la connaissance d’être un nouveau dada, une nouvelle mode, à l’aune de ce que fut la bonne gouvernance dans les années 1990 pour évacuer les problématiques plus générales et parfois géopolitiques du rapport Nord-Sud. Qu’en est-il réellement? Peut-on fonder une partie du développement sur le partage réciproque de la connaissance, et si oui, ne faut-il pas s’interroger sur ce que les économies du Sud peuvent elles apporter dans la bassine des transferts de savoirs?


Pourtant le partage de l’information, de la connaissance ou encore des cultures n’est pas une modalité structurelle, encore moins une politique économique, si on entend par là  volonté de mettre en oeuvre et d’organiser des moyens de production dans le but d’améliorer un indicateur de croissance.
  • Connaissance, Valeurs, Cultures et Partage

Et si en parlant de partage, on envisageait un autre rapport, qui comprendrait le transfert de connaissances, apprentissage des techniques et valeurs Nord-Sud-Nord? Chacune des communautés autochtones par exemple des pays du Sud ont en trésors un héritage de connaissances scientifiques et techniques, artistiques et esthétiques qui leur sont propres. Elles ont besoin d’outils pour ouvrir leur culture aux autres et les partager. L’informationalisme devient alors un moyen de surmonter  les barrières linguistiques, techniques et sociales.  Le développement des réseaux digitaux de partage permettrait aussi de raffermir les cultures communes locales, qui s’ignorent souvent.
  • Du choc à la concurrence optimale des civilisations

Un défi et une nécessité sont d’améliorer les conditions de vie et assurer la paix. Dans de nombreux pays en développement, des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau potable et les soins médicaux ont certainement priorité. Mais comment permettre à ces cultures du sud de  communiquer au monde entier qu’elles sont riches dans la manière qu’elles ont entrepris de créer et de préserver leur culture? Cette  nouvelle industrie du partage de la connaissance deviendrait ainsi une manière de d’interconnecter des visions différentes du monde et de passer du choc qui n’a pas eu lieu à la concurrence optimale entre civilisations.
  • Comment étudier à Harvard depuis Ouagadougou gratuitement

La semaine dernière, je lisais cet article de l’écrivain Farhad Manjoo, dans le webzine américain Slate. Il y racontait comment il passait des folles nuits à suivre les cours des meilleurs experts en économie du monde de l’université de Harvard à celle de Yale, gratuitement.  Mettre à contribution une partie substantielle de l’aide au développement pour développer et  mutualiser les connaissances du nord et du sud en diffusant l’usage  des licences du type creative commons science par exemple peut être une solution. Dans la vidéo ci-dessous, creative commons offre un bel exemple de ce qui peut être fait pour lutter contre la balkanisation des connaissances et offrir aux pays du sud un accès à celles-ci.

La question du partage des connaissances académiques sera cruciale dans les années qui viennent. Les mettre à disposition par des systèmes de gratuité partielle aux pays du sud me semble être une solution pour le développement des nations défavorisées. Archippe Yepmou


Dimanche 1 Novembre 2009





Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Pour aller plus loin | L'association | Libertés | Education | Point de vue | Mobilisation | Démocratie | Médias | Rencontre | logiciel libre | Formations

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.