Les organisations signataires de la lettre ouverte en faveur de l’asile d’Edward Snowden au Brésil, sont reçues au Ministère de la Justice à Brasilia



Les représentants de plus de 20 organisations de la société civile accompagnés d’un groupe de députés ont été reçus ce mercredi 16 juillet par le secrétaire exécutif du ministère de la justice, Marivaldo Pereira, pour lui remettre une lettre ouverte signée par 70 organisations nationales et internationales, demandant que le Brésil se positionne publiquement sur la demande d’asile d’Edward Snowden.



Les représentants de plus de 20 organisations de la société civile accompagnés d’un groupe de députés ont été reçus mercredi 16 juillet par le secrétaire exécutif du ministère de la justice, Marivaldo Pereira, pour lui remettre une lettre ouverte signée par 70 organisations brésiliennes et internationales, demandant que le Brésil se positionne publiquement sur la demande d’asile d’Edward Snowden. L’ancien agent de la NSA (Agence Nationale de Sécurité) a révélé au monde entier en juin 2013 l’existence d’un réseau illégal d’espionnage en ligne mis en place par les Etats Unis, qui a permis à la première puissance mondiale d'accéder à des données secrètes de nombreux citoyens et pays, dont le Brésil.  

La lettre, adressée à la Présidente Dilma Rousseff, expose les raisons pour lesquelles le Brésil devrait recevoir Snowden, exilé en Russie avec un visa temporaire qui expire à la fin du mois de juillet 2014. Lors de son arrestation à l’aéroport de Moscou en juin 2013, Edward Snowden avait demandé asile à plus de vingt pays, dont certains ont déjà communiqué leur position officielle, négative. 

« « Le Brésil a gagné une certaine reconnaissance internationale lorsque la Présidente a dénoncé à l’ONU ces espionnages et rejeté  l’invitation à une visite officielle reçue de la Maison Blanche en septembre 2013. S’en sont suivis en avril l’adoption du « Marco Civil », considéré comme un des textes les plus avancés en matière de régulation de l’Internet, puis l’organisation du NETMundial à São Paulo, qui a ouvert le débat sur la construction d’une nouvelle gouvernance multisectorielle de l’Internet. Nous considérons que le Brésil se doit de donner asile à la personne qui a permis à ces événements de se produire » a souligné Florence Poznanski, représentante au Brésil de l’ONG Internet Sans Frontières et porte-parole de la campagne.  »

Elle rappelle aussi que lors du NETMundial, le ministre Gilberto Carvalho, secrétaire général de la présidence, en plus de se montrer favorable à la venue de Snowden au Brésil, s’était engagé à clarifier la position du gouvernement sur le sujet. 

Les participants ont rappelé la tradition brésilienne historiquement ouverte à l'octroie d’asiles politiques, ainsi que le soutien significatif de l'opinion publique nationale et internationale à travers une pétition  (en) lancée sur le site AVAAZ qui a recueilli plus d’un million de signatures, remises au ministère des affaires étrangères en début d’année. 

« Le député Ivan Valente (PSOL - Parti Socialisme et Liberté) a également insisté sur le fait que « le Brésil est probablement un des pays qui a été le plus atteint par la surveillance électronique des Etats-Unis, [ayant touché les communications privées de la Présidente Dilma Roussef et de l’entreprise nationale pétrolière Petrobras]. Il est donc important qu’il y ait un positionnement officiel vis-à-vis des services rendus par Snowden pour restaurer notre souveraineté et notre démocratie ». »

Le secrétaire exécutif du ministère de la justice, Marivaldo Pereira, a affirmé qu’il ne savait pas à ce jour dans quelle instance administrative se trouvait la demande d’asile, mais que « la lettre ouverte fera l’objet d’une instruction afin qu’une réponse publique soit apportée aux organisations ». Il s’est de plus engagé à entrer en contact avec les autres institutions compétentes en matière d’asile politique. 

« “Il s’agit d’un élément crucial car jusqu’à maintenant l’administration brésilienne, n’a jamais confirmé si elle avait ou non reçu la demande de Snowden et en quoi elle pourrait être recevable. Cette incertitude, si elle persiste, signifie au final un refus effectif d’accorder l’asile, et pourrait affecter la crédibilité du Brésil, dans sa capacité à mener la construction d’une nouvelle gouvernance d’Internet. Nous espérons donc que notre message a été entendu et nous continuerons notre mobilisation pour que Snowden puisse enfin être reçu au Brésil", conclut Florence Poznanski. »


Liste des organisations présentes lors de la remise de la lettre ouverte : Auditoria Cidadã da Dívida, AVAAZ, Centro de Estudos da Mídia Alternativa Barão de Itararé, Conselho Indigenista Missionário (CIMI), Consulta Popular, Educafro, Federação Nacional de Processamento de Dados (Fenadados), Fora do Eixo, Fórum Nacional pela Democratização da Comunicação (FNDC), Fundação Lauro Campos, Fundação Maurício Grabois, Insurgência, Internet Sans Frontières, Intervozes – Coletivo Brasil de Comunicação Social, Juntos, Levante Popular da Juventude, Movimento dos Atingidos por Barragens (MAB), Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST), Sindicato dos Trabalhadores em Processamento de Dados, União Brasileira dos Estudantes Secundaristas (UBES), União da Juventude Socialista (UJS), União Nacional dos Estudantes (UNE),

Avec la participation du député fédéral Chico Alencar (PSOL/RJ), du député fédéral Ivan Valente (PSOL/SP), du député fédéral  Jean Wyllys (PSOL/RJ), et du front parlementaire pour la liberté d’expression et le droit à la communication par la participation populaire (FrenteCom).

Lien vers la lettre ouverte et la liste des signataires : cliquez ici.

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Pour plus d’informations, contacter Florence Poznanski, porte-parole de la campagne : florence@internetsansfrontieres.org







Mardi 22 Juillet 2014






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