Kenya: Initiatives citoyennes digitales autour de l'attaque terroriste



Alors qu'une attaque terroriste a eu lieu entre le samedi 21 et le mardi 24 septembre 2013 dans un centre commercial de Nairobi, les citoyens kenyans tirent profit des outils digitaux pour mobiliser, soutenir, informer leur nation et le monde. La toile est également une occasion pour questionner l'action du gouvernement et sa gestion de la crise pendant ces quatre derniers jours.



Entre le 21 et le 24 Septembre 2013, Nairobi, capitale du Kenya, a été le théâtre d'une attaque terroriste dans un contre commercial très fréquenté, le Westgate Mall. L'attaque a fait à ce jour 62 morts et plus de 150 blessés. Dans ce pays d'Afrique de l'Est, qui a vu naitre la plateforme [open source Ushahidi ]urlblank:http://www.grotius.fr/ushahidi-un-outil-au-service-des-crises/ à l'aune des massacres ayant suivi les élections présidentielles de 2007, les citoyens se sont à nouveau  organisés pour mobiliser, soutenir, et informer leur nation et le monde.



#WeAreOne, le mot-dièse de la mobilisation citoyenne

Dès le début de l'attaque, de nombreux internautes kenyans et utilisateurs du réseau social Twitter ont décidé d'utiliser le mot-dièse #WeAreOne, signe de leur unité et de leur refus de céder à la terreur. Rapidement, le mot-dièse est devenu le catalyseur des initiatives citoyennes qui ont émergé au cours de cet évènement tragique. Pour sensibiliser les opinions sur les besoisn en don du sang de la Croix rouge kenyane, internautes, et citoyens n'ont pas hésité à relayer des appels au don du sang  sur le célèbre réseau social.



Le relais a fonctionné : la responsable de la Croix Rouge kényane notait le 23 septembre 2013 que près de 3000 unités de sang avaient été recueillies dans tout le pays, et qu'il s'agissait là d'un [record inégalé]urlblank:http://www.irinnews.org/report/98814/kenyans-donate-blood-for-westgate-victims . 

Une collecte de fonds en faveur des victimes des attaques est actuellement en cours à travers le service [Mpesa]urlblank:http://en.wikipedia.org/wiki/M-Pesa , une autre solution "made in Kenya" qui permet de transférer de l'argent avec son mobile. Plus de [650 000 dollars]urlblank:http://www.humanipo.com/news/32761/32761/ ont été récoltés ces quatre derniers jours, à raison de 11 000 dollars par heure. 



L'équipe d'Ushahidi mobilisée

Les développeurs de la fondation Ushahidi, du nom de la plateforme de géolocalisation et de gestion de crise, ont également réfléchi à des outils. Ils travaillent sur [ping.ushahidi.com]urlblank:http://ping.ushahidi.com/login , une plateforme qui permettra en cas de de catastrophe à n'importe quel époux, parent, collègue de se rassurer rapidement de la sécurité de ses proches. L'équipe recherche des [volontaires ]urlblank:http://blog.ushahidi.com/2013/09/24/2-tech-tools-for-emergencies-from-our-westgate-experience-ping-and-blood-donation/ qui souhaiteraient s'investir dans ce projet. Les développeurs ont également mis sur pied une carte géolocalisant tous les [centres de don du sang]urlblank:https://blooddonationkenya.crowdmap.com/ , et les besoins en volontaires.


Après le siège, les questions

D'une manière inédite sur le continent africain, le gouvernment du kenya a également fait usage des outils numériques pour tenir informé le public au cours des opérations: les fils Twitter de plusieurs ministères étaient régulièrement alimentés. Mais des questions demeurent, quant à la gestion de cet acte terroriste, dans un pays sensé être en état d'alerte maximale depuis 2011. Face à certaines communications contradictoires des autorités, qui annonçaient déjà par exemple le 23 septembre la fin de l'assaut contre les assaillants, certains citoyens kenyans présents sur Twitter ont réagi. Sur un Google doc intitulé [Nous Le Peuple - Questions sur l'attaque du Westgate]urlblank:https://docs.google.com/document/d/14TPKjLym-hulKAZhca1xIE4YldJNyiAHx92xJBDpEQ4/edit , ils ont compilé les interrogations qui ont émergé pendant la crise. Le document est collaboratif et en accès libre.




Mardi 24 Septembre 2013
Julie Owono
Head of Africa Desk @ Internet Sans Frontières En savoir plus sur cet auteur






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