Gambie : arrestation et inculpation d'un correspondant d'Internet Sans Frontières, une attaque intolérable contre la liberté de la presse



Vendredi 27 juin 2014, un des correspondants d'Internet Sans Frontières en Gambie, Sanna Camara, a été convoqué par la police de Banjul, la capitale de la Gambie, maintenu en garde vue, puis libéré sous caution avant d'être mis en examen pour "publication mensongère". Internet Sans Frontières dénonce une attaque intolérable contre la liberté de la presse.



Photo de profil publique de Sanna Camara, sur Facebook
Photo de profil publique de Sanna Camara, sur Facebook
Sanna Camara, correspondant d'Internet Sans Frontières en Gambie, a annoncé le 28 juin 2014 sur son profil Facebook avoir été convoqué la veille par la police de Banjul, la capitale de la Gambie, pour s'expliquer au sujet d'un article qu'il avait rédigé sur le trafic d'être humain dans ce pays voisin du Sénégal. 

La publication   [en] qui vaut à Sanna Camara cette mise en examen date du 27 juin 2014. Le journaliste y faisait un état des lieux du trafic d'êtres humains et de son traitement en Gambie, et citait le porte-parole de la police nationale. Selon Aisha Dabo, journaliste gambienne basée à Dakar, qu'Internet Sans Frontières avait interviewée ici, Sanna Camara risque au minimun six mois de prison et une amende de 105,000 dollars (près de 80,000 euros). Il publiait Samedi 28 juin sur son profil Facebook le message suivant :

« I have been invited by the Police for questioning yesterday evening around 7:00pm, in relation to a story wrote and published on The Standard newspaper (www.standard.gm). this is about Human Trafficking in Gambia. I spent the night in a cell at Bundung Police in the company of mosquitoes, cockroaches and rats, plus bandits. Oh, what a sleepless night. Apparently, someone higher up wasn't happy with this story and had instructed the Police to arrest, detain and prosecute me. I have been granted bail today at around 2pm, and asked to report at Major Crimes Unit, Police Headquarters, Banjul on Monday. However, they are seriously considering to charge me with "false publication". »

J'ai été invité par la police pour un interrogatoire hier [Vendredi 27 juin 2014, ndlr] autour de 19:00, qu sujet d'un papier que j'ai écrit et publié dans le Standard newspaper. C'était à propos de trafic d'être humain en Gambie. J'ai passé la nuit dans une cellule de la Police de Bundung en compagnie des moustiques, cafards, et rats, en plus des bandits. Quelle nuit ! Apparemment, quelqu'un de haut placé n'était pas content de ce papier, et a instruit à la police de m'arrêter, me détenir et de me poursuivre. J'ai été libéré sous caution autour de 14:00 [Samedi 28 juin 2014, ndlr], et on m'a demandé de faire une déposition à l'Unité des Crimes majeurs, au siège de la police, à Banjul lundi 30 juin 2014. Pourtant, ils envisagent sérieusement de m'inculper pour 'fausse publication" 


Sanna Camara avait publié sur le site d'Internet Sans Frontières un article sur le blocage de services de voix sur IP, tels que Viber et Skype. Son travail et sa voix sont nécessaires pour nous informer de ce qui se passe en Gambie, petit pays d'Afrique de l'Ouest, classé parmi les pires pays pour la liberté de la presse (155ème dur 180 pays en 2014), selon Reporters Sans Frontières. 


Une "fausse publication" est un concept vague qui ne peut justifier que la liberté fondamental d'aller et venir d'un citoyen soit mise en péril. Le journalisme n'est pas un crime. Internet Sans Frontières dénonce une attaque intolérable contre la liberté de la presse, et demande que toutes les charges qui pourraient être retenues contre Sanna Camara soient levées, et qu'il recouvre pleinement sa liberté d'aller et venir, et sa liberté de nous informer.


Lundi 30 Juin 2014
Julie Owono
Head of Africa Desk @ Internet Sans Frontières En savoir plus sur cet auteur






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