Facebook Analyserait Nos Conversations Privées



Les révélations du blogueur français "FLO|VA-NU-PIED" sur un anodin détournement d'URL par Facebook dévoile une partie des pratiques questionnables de la firme de Palo Alto. Le détournement de chemin d'Url que la plateforme opère depuis son service de chat qui est couplé à celui de la messagerie privée prouve qu'elle a mis en place un processus de traitement des données échangées en privé entre deux utilisateurs.



Big brother / by Fonk on Flickr - Creative Commons 2.0
Big brother / by Fonk on Flickr - Creative Commons 2.0
En installant le service de chat Facebook sur une interface tierce, ce blogueur s'est aperçu que les liens hypertextes envoyés à ses contacts privés étaient substitués automatiquement par un lien traceur avant d'être délivrés à leur destinataire. Ce lien rend évident une collecte du lien par la base de données de Facebook. Ce dispositif vise selon le blogueur à pister l'utilisateur hors de l'interface web en ré-écrivant les messages de chat. Qui peut le plus peut le moins, ainsi Facebook traquerait et analyserait les échanges de correspondance sur sa messagerie privée.

L'entreprise Facebook s'était pourtant défendue en janvier dernier d'utiliser et d'analyser les courriels des utilisateurs de son service de messagerie privé, lorsqu'avait surgie la controverse relative à son partenariat avec le site d'information politico.com. Facebook avait alors assuré que l'analyse de sentiments opérés ne concernait que les statuts publics ou privés des utilisateurs et excluait les échanges privés.

Ce blogueur vient donc découvrir une preuve d'une pratique abusive de Facebook. La redirection prouverait que chaque élément sémantique échangé à travers la messagerie privée peut faire l'objet d'un traitement.

La substitution d'Url permet à l'entreprise de collecter des données sur les liens échangés entre deux utilisateurs même lorsque ceux-ci se connectent depuis des clients d'accès tiers.

Internet Sans Frontières est préoccupée par cette révélation qui établirait pour la première fois une preuve sur l'analyse des données échangées sur la messagerie privée de Facebook. En France, la confidentialité des courriels électroniques est assurée par le secret des correspondances privées garanti par la loi. Le fait que l'interception et le traitement soient réalisés par un automate suffit à caractériser une interception de correspondance privée sanctionnée par les articles 226-15 et 432-9 du code pénal.

Si la première suggestion que l'on peut adresser aux technophiles est de chiffre tout message transitant sur les services en lignes, Internet Sans Frontières reste inquiet au regard du volume des échanges privés traités par Facebook.

Chaque internaute, quelque soit son niveau d'utilisation des techniques informatique, a le droit au secret de sa correspondance.

Internet Sans Frontières recommanderait à l'entreprise Facebook d'adopter des pratiques plus transparentes au regard de ses systèmes de traitement des données transitant par sa messagerie privée.



Antonin Moulart

antonin.moulart@internetsansfrontieres.com


Mardi 13 Mars 2012
Antonin Moulart
Secrétaire Général Internet Sans Frontières - Organisateur de Communauté 06.44.98.23.75 En savoir plus sur cet auteur






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