Brésil : La société civile demande au gouvernement de prendre position sur la demande d’asile d'Edward Snowden



De nombreuses organisations de la société civile brésilienne et internationale remettront au gouvernement une lettre ouverte demandant à la Présidente Dilma Rousseff de se positionner officiellement sur la demande d’asile effectuée par le lanceur d’alerte.



Le visa temporaire d’Edward Snowden en Russie expire dans quelques jours, et des organisations de la société civile brésilienne et internationale se mobilisent autour d’une lettre ouverte à la Présidente du Brésil Dilma Rousseff, pour que le gouvernement se positionne officiellement sur la demande d’asile effectuée par le lanceur d’alerte. Un rassemblement est organisé devant le ministère de la Justice à Brasilia mercredi 16 juillet à 11h, afin de remettre la carte au ministre José Eduardo Carodosz. Brasilia accueillera le même jour, la cérémonie de clôture du sixième sommet des BRICS – réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

En juin 2013 la publication des révélations d'Edward Snowden a permis au monde de découvrir et mesure l'ampleur du réseau d’espionnage en ligne, mis en place par les Etats-Unis, en violation du droit au respect de la vie privée sur Internet et des convenances diplomatiques. Depuis lors, le lanceur d’alerte est devenu le principal ennemi politique des Etats-Unis. Il vit maintenant exilé en Russie, avec un visa temporaire qui expire ce 31 juillet 2014.    

Ces révélations ont influencé les citoyens du monde entier dans leur façon d’utiliser Internet, et ont donné davantage de visibilité aux initiatives qui défendent des pratiques en ligne plus démocratiques. Au Brésil, la Présidente Dilma Rousseff, elle-même victime d’espionnage, a durement condamné la surveillance de masse en ligne lors de son discours en septembre 2013 à l’assemblée générale de l’ONU. Ce positionnement a par la suite facilité l’adoption en avril 2014 du « Marco Civil » pour la régulation d’Internet et permis la tenue au Brésil du NETMundial, première plateforme mondiale et multisectorielle de discussion sur la construction d’une nouvelle gouvernance d’Internet. Le Brésil a ainsi acquis en peu de temps un rôle géopolitique central dans la défense d’une gouvernance d’Internet respectueuse des droits de l’homme. 

Malgré cela, le Brésil ne s’est pas encore prononcé sur la demande d’asile d’Edward Snowden exprimée par le lanceur d’alerte il y a près d’un an. Pour les organisations signataires de la lettre ouverte, qui sera remise ce mercredi 16 juillet 2014, cette position interroge au vu des aspirations géopolitiques que cultive le pays sur le sujet de la gouvernance d'Internet, et dans la mesure où le ministre et secrétaire général de la Présidente, Gilberto Carvalho s’était engagé à clarifier la situation. 

Au début de l’année, une pétition lancée sur le site d’AVAAZ en faveur de l’asile politique de Snowden au Brésil avait déjà recueilli plus d’un million de signatures dans le monde. Sans réponse de la Présidente et avant que le visa temporaire de Snowden en Russie n’expire,  des organisations de la société civile reprennent la mobilisation pour demander au Brésil une réponse définitive. La lettre ouverte est en ligne sur ce lien.

Pour plus d’informations:

Contact : Florence Poznanski – Responsable Brésil, Internet Sans Frontières: florence@internetsansfrontieres.org
(+5531) 8643 3247 (portable) / Twitter : @florencepoz

Fórum Nacional pela Democratização da Comunicação: (+5561) 3223-3652 (fixe)

Un article au sujet de la lettre ouverte publié dans le quotidien Folha de Sao Paulo http://www1.folha.uol.com.br/mundo/2014/07/1485461-carta-cobra-resposta-brasileira-ao-pedido-de-asilo-de-snowden.shtml 

Communiqué disponible en portugais sur le site du Fórum Nacional pela Democratização da Comunicação : http://www.fndc.org.br/noticias/sociedade-civil-cobra-resposta-do-governo-federal-a-pedido-de-asilo-de-snowden-924429/


Lundi 14 Juillet 2014






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