Apéros géants : laissons Facebook et Internet tranquilles





Apéros géants : laissons Facebook et Internet tranquilles
Internet sans frontières dénonce l'amalgame par certaines personnalités politiques entre le drame de l'apéro géant de Nantes et les réseaux sociaux.

Internet et les réseaux sociaux ne sont qu'un moyen de se rencontrer. C'est le véhicule de la sociabilisation. Un véhicule certes extraordinaire mais juste un véhicule.

Une partie de la société a besoin de se retrouver en ligne pour échanger, pour parler, pour vivre une alternative aux modes de communication traditionnels. Ils se servent des réseaux sociaux pour cela et c'est très bien si cela peut leur apporter quelque chose. Qu'ils organisent des mobilisations citoyennes ou des apéros géants est également du ressort de leurs libertés individuelles.

Si les plateformes de réseaux sociaux permettent de favoriser ce type de mobilisation, elles ne sont en rien responsables des excès constatés, notamment dans la consommation excessive d'alcool ou de stupéfiants

Maintenant, ce qu'il faut dénoncer, c'est le désir de s'enivrer jusqu'au coma. Il faut se poser la question d'un point de vue sociétal et culturel, sur ce besoin de défouloir que nos aînés appelaient les "paradis artificiels". Internet n'a pas créé ce besoin.

Je suis sincèrement triste pour le jeune homme qui a perdu la vie dans ce délire. Mais, de grâce, traitons la cause et ne nous satisfaisons pas de raccourcis démagogiques qui font porter au web l'entière responsabilité de notre absence collective de réponse à la détresse des jeunes.

Et il est absurde de rechercher l'organisateur de l'apéro de Nantes : les 9.000 participants en sont individuellement et collectivement les organisateurs.

Il serait temps que les pouvoirs publics et les hommes politiques comprennent le fonctionnement de l'Internet.

Sur Facebook comme sur les autres réseaux sociaux, il n’y a pas un organisateur et des participants, il y a des gens qui décident ensemble de créer une manifestation et c’est précisément leur capacité à donner une dimension virale à leurs initiatives qui fait la puissance des événements lancés sur Internet.

La position de certains responsables politiques qui consiste à dénoncer l’anonymat des organisateurs n’a pratiquement aucun sens. Les organisateurs ne sont pas anonymes car les organisateurs sont tous les participants eux-mêmes.

Les pouvoirs publics doivent mesurer qu’en l’espèce, la responsabilité est diffuse et collective. Il est inutile et vain de rechercher “celui” ou "celle" qui est à l'origine de la manifestation.

Pour bien comprendre le fonctionnement de l’Internet et des réseaux sociaux, il faut appréhender cette dimension collective qui est centrale. C'est ce que les américains ont appelé le “grass root” (racine d’herbe) pour figurer que le phénomène Internet se caractérisait par une immensité d’initiatives individuelles qui ne prennent corps que lorsqu’elles s’additionnent les unes aux autres. Tout comme un brin d'herbe qui est insignifiant sans les milliers d'autres brins d'herbe qui vont former le gazon.

Dans le phénomène des apéros géants, il y a une multitude d’initiatives individuelles qui se cristallisent spontanément au même moment pour donner naissance à une manifestation de plusieurs milliers d’individus. C'est rapide, massif et c'est surtout totalement collectif.

Voilà peut-être la leçon qu'il faut retenir de cet événement. Nous sommes tous responsables des événements auxquels nous participons et pour lesquels nous appelons à participer.


Vendredi 14 Mai 2010





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